Lundi 26 mars 2012 1 26 /03 /Mars /2012 01:18

On ne pensait pas si bien dire quand il y a quelques jours, on percevait que de gros nuages noirs planaient sur le projet de révision de la Constitution. Les derniers développements sur le sujet confortent dans cette lancée. Face aux tours de magie et aux jeux de cache-cache sur le toilettage de la loi fondamentale de décembre 1990, une nouvelle forme de protestation prend forme. Elle se manifeste déjà à travers une lettre de mise en garde envoyée à chacun des quatre vingt trois (83) députés et une déclaration du Front citoyen pour la sauvegarde des acquis démocratiques. Il s’agit de la machine " Touche pas à ma République" née des cendres de " Touche pas à ma Constitution".

Quel texte de la Constitution sera soumis au vote des députés ? Celui de la Commission Ahanhanzo-Glèlè ? Non puisque le gouvernement l’a modifié. S’agira-t-il alors du texte modifié par le Gouvernement et envoyé au Parlement depuis 2009 ? Rien n’est sûr à ce sujet car trois (03) ans sont passés avant que les députés ne reçoivent un texte lors de leur retraite parlementaire tenue à Parakou début Février 2012. Est-ce ledit texte a été affecté à la Commission le lundi 19 mars 2012 qui sera soumis en l’état en plénière sans modification ? Bien malin qui pourra répondre. Voilà un peu ce qui fait penser que des tours de magie se réalisent sur le toilettage de la loi fondamentale de décembre 2012.

Et s’il y a jeu de cache-cache c’est justement parce que des langues déclarent déjà que le Chef de l’Etat, face à la levée de bouclier des anti-révisonnistes, aurait demandé aux siens  siégeant à l’Assemblée nationale de mettre le projet en veilleuse. Dans le même temps, la commission des lois  n’a pas encore siégé sur le dossier alors que la session extraordinaire prend fin dans une semaine et des quatre autres dossiers à l’ordre du jour, seul le projet de loi sur le Code de procédure pénale a été adopté en commission et n’est même pas passé en plénière.

Francis Z. OKOYA

 

La lettre d’avertissement aux 83 députés

Monsieur, Madame,

Il est des moments dans la vie des nations où un fait apparemment anodin peut faire basculer le destin de tout un peuple.

La session parlementaire qui s’ouvrira le 19 mars prochain est potentiellement porteur d’un tel spectre.

En effet, le projet de révision de la Constitution du 11 décembre 1990 viendra en débat au cours de cette session parlementaire. Une telle initiative, en l’absence de tout débat populaire préalable, plus qu’une atteinte à la démocratie, peut être perçue comme une insulte à l’intelligence collective et un mépris du génie du peuple béninois.

Ne voulant être complice d’une conspiration contre le peuple par son silence, car  » un peuple va vers sa ruine quand les honnêtes gens ont plus qu’un courage inférieur à celui des individus malhonnêtes « . (Abraham LINCOLN), le Comité de Cadres et Personnes Ressources pour la Consolidation des Acquis Démocratiques (CCPR) et le Groupe de Réflexions, d’Initiatives et d’Actions (GRIA), creusets de veille citoyenne, ont décidé d’interpeller votre conscience et de vous rappeler à votre responsabilité devant l’histoire.

Honorable député,

La constitution du 11 décembre 1990 est le fruit des libertés conquises par le peuple béninois au prix de lourds sacrifices. Cette constitution est surtout la résultante d’un dialogue sincère entre toutes les composantes de la nation béninoise.

La révision de cette constitution ne peut donc intervenir sans un débat populaire préalable car, la Conférence nationale a permis au peuple béninois d’instaurer un régime de démocratie consensuelle.

Le consensus, principe à valeur constitutionnelle, exige que le débat populaire précède tout débat parlementaire sur toute question tendant à remettre en cause un acquis de la Conférence Nationale.

La session parlementaire qui s’ouvrira le 19 mars prochain ne saurait donc débattre du projet de la révision de la constitution du 11 décembre 1990 car le débat populaire préalable que vous-même avez préconisé et annoncé à votre séminaire de Parakou, n’a pas encore eu lieu.

Si par extraordinaire, vous passez outre, par le biais d’une majorité mécanique, cette exigence d’un débat populaire préalable à tout débat parlementaire sur la révision de la constitution, vous vous mettrez en contradiction flagrante avec vos propres décisions.

Si cela advenait, un tel comportement de votre part sera perçu par le peuple béninois comme:

1. La confiscation de la souveraineté du peuple. Au terme de l’article 3 de la Constitution du 11 décembre 1990, la souveraineté nationale appartient au peuple, aucune fraction du peuple, aucune corporation, aucun parti ou association politique ne peut s’en attribuer l’exercice.

2. Une atteinte intolérable à la démocratie et à l’état de droit. L’état de droit suppose que les gouvernants dans leur rapport avec le peuple se soumettent à la loi, donc à la volonté générale.

3. Un coup d’état constitutionnel. La violation du consensus, principe à valeur constitutionnelle, qui postule l’exigence d’un débat populaire avant toute remise en cause d’un acquis de la Conférence Nationale, est une violation de l’ordre constitutionnel établi. Au terme de l’article 34 de la constitution, toute autorité civile ou militaire, a le devoir sacré de respecter en toute circonstance, la constitution et l’ordre constitutionnel établi.

Toute révision de la Constitution du 11 décembre 1990 qui interviendrait dans de telles conditions ne serait qu’une révision opportuniste et à des fins inavouées.

Honorable député,

Dans le préambule de la constitution du 11 décembre 1990, le peuple béninois :

- Affirme sans ambages son opposition fondamentale à tout régime politique fondé sur l’arbitraire, la dictature, l’injustice, la confiscation du pouvoir et le pouvoir personnel.

- Exprime sa ferme volonté de défendre et de sauvegarder sa dignité aux yeux du monde et de retrouver la place et le rôle de pionnier de la démocratie et de la défense des droits de l’homme qui furent qui furent naguère les siens.

En conséquence, nous vous mettons en garde contre toutes initiatives qui pourraient remettre en cause la paix, la stabilité démocratique et l’état de droit si chers au peuple béninois.

Compte tenu de la gravité de la situation et des inquiétudes exprimées ça et là, nous vous invitons à surseoir à tout débat parlementaire sur la révision de la constitution du 11 décembre 1990 et à renvoyer la question devant le peuple béninois pour débat préalable.

Fait à Cotonou, le 09 mars 2012

Pour le CCPR-CAD, Pour le GRIA

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Lundi 26 mars 2012 1 26 /03 /Mars /2012 01:16

Après avoir passé en revue la situation socio-économique le 22 mars 2012 dernier le Comité des Cadres et personnes Ressources pour la Consolidation des Acquis Démocratiques (Ccpr-Cad) et du Groupe de Réflexion, d’Initiatives et d’Actions (Gria), ont rendu une déclaration publique dans laquelle ils demandent aux députés de surseoir à toute révision de la Constitution. Voici leur déclaration.

Francis Z. OKOYA

 

COMMUNIQUE FINAL 

Sur l’initiative du Comité des Cadres et personnes Ressources pour la Consolidation des Acquis Démocratiques (Ccpr-Cad) et du Groupe de Réflexion, d’Initiatives et d’Actions (Gria), un séminaire a réuni le 22 mars 2012 au Codiam à Cotonou environ une centaine de personnalités de l’arène politique et de la société civile pour débattre des questions de l’actualité politique de notre pays, notamment celle relative à l’opportunité de la révision de la Constitution.

D’entrée de jeu, les participants à ce séminaire ont décidé de se constituer en un Front dénommé Front Citoyen pour la Sauvegarde des Acquis Démocratiques.

Le Front ainsi créé a procédé à une analyse sans complaisance de la situation politique et socio-économique du Bénin, puis mis en exergue des actions prioritaires à engager pour préserver la paix si chère au peuple béninois. Il en ressort ce qui suit :

- Sur le plan économique, le Front constate l’assèchement continu du panier de la ménagère consécutif à l’échec des réformes entreprises dans la précipitation et sans étude préalable sérieuse. Pour y remédier, il urge que le gouvernement prenne les dispositions idoines pour relever le pouvoir d’achat des Béninois qui ne cesse de diminuer;

- Sur le plan politique, le Front fustige la multiplication des actes attentatoires aux libertés et les velléités dictatoriales tendant à remettre en cause la démocratie béninoise, l’absence d’un débat public préalable annoncé par les Députés avant toute révision de la Constitution ainsi qu’un silence prolongé et inquiétant sur la question de l’audit et de la correction de la LEPI. En conséquence, le Front demande aux Députés de surseoir à toute révision de la Constitution et d’engager le débat populaire préalable nécessaire et de démarrer sans délai l’audit et la correction de la LEPI pour que les prochaines consultations électorales se déroulent dans de bonnes conditions;

- Sur le plan social, le Front condamne le mépris et l’humiliation dont sont l’objet les acteurs sociaux, particulièrement les enseignants qui ne reçoivent en réponse à leurs légitimes revendications qu’insultes et menaces de toutes sortes. Le Front appelle donc le gouvernement à reprendre immédiatement le dialogue avec les partenaires sociaux pour résoudre la crise que traverse actuellement le monde enseignant et qui prend des proportions inquiétantes pour l’école béninoise 

Le Front lance un appel à toutes les personnes préoccupées par l’avenir du Bénin afin qu’elles le rejoignent dans le combat citoyen qu’elle vient d’engager.

Fait à Cotonou, le 22 mars 2012

Le Séminaire

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Lundi 26 mars 2012 1 26 /03 /Mars /2012 01:16

Selon un premier calendrier établi par la Commission des lois, c’est ce mardi 27 mars 2012, que les membres de cette commission se retrouveront pour se pencher sur le projet de loi portant révision de la Constitution du Bénin. Or il se fait que des cinq (05) points à l’ordre du jour de la session extraordinaire, c’est seulement vendredi dernier que le deuxième point relatif à l’identification des personnes physiques au Bénin a commencé. La session extraordinaire commencée le lundi 19 mars dernier doit prendre fin conformément aux dispositions de l’article 5 du Règlement intérieur et 88 de la Constitution, quinze (15) jours plus tard soit le lundi 02 avril prochain. Paradoxalement, le premier dossier, le Code de procédure pénale n’est pas encore programmé pour la plénière, du moins la date de cette plénière n’est pas encore connue et l’on ne peut pas d’avance s’aventurer à prédire le nombre de jours que son examen en plénière prendre. Considérant d’une part qu’il n’y a pas de plénière prévue pour ce jour lundi 26 mars 2012 et que d‘autre part, dans  la pratique parlementaire, il n’y a pas de plénière les mercredis, il est aisé de conclure que les députés ont quatre (04) jours pour examiner les cinq (05) grands dossiers de la session extraordinaire encore que les rapports de certains ne sont pas encore prêts. Mission impossible donc pour l’examen en plénière du projet de loi portant révision de la Constitution au Bénin au cours de cette session extraordinaire.

Francis Z. OKOYA

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Lundi 26 mars 2012 1 26 /03 /Mars /2012 01:09

( en contradiction avec l’article 121 et suivants du Règlement intérieur de l’Assemblée nationale

En attendant de parcourir plus attentivement le texte de révision transféré à la Commission des lois de l’Assemblée nationale, il y a des innovations dans ledit texte qui interpellent. Il s’agit notamment de l’article 105 du nouveau texte de la Constitution. Alors que dans la Constitution du 11 décembre 1990 toujours en vigueur, il est stipulé à l’article 105 alinéa 1er que " L'initiative des lois appartient concurremment au président de la République et aux membres de l'Assemblée Nationale", le nouvel article 105 dispose autrement. Les révisionnistes ont étendu cette prérogative de l’initiative des lois à la population ( déjà représentée par ses députés soi dit en passant) et précise en son alinéa 1er : " L’initiative des lois appartient concurremment au Président de la République, aux membres de l’Assemblée Nationale et aux citoyens à raison d’au moins mille (1000) personnes par département. Une loi organique précise les modalités de l’exercice de ce droit par les citoyens."

Voilà une nouveauté législative qui fera débat le moment venu car les députés toutes tendances confondues, n’ont pas fini de régler le problème lié à la toute suprématie et au "diktat" de la Cour Constitutionnelle.

Par ailleurs, il faut souligner que l’article 121 du Règlement intérieur de l’Assemblée nationale a déjà réglé la question.

Francis Z.OKOYA

 

EXTRAITS DU REGLEMENT INTERIEUR DE L’ASSEMBLEE

CHAPITRE VII : PETITIONS

Article 121. - Conditions de rédaction - Dépôt

121.1 - Les citoyens peuvent adresser des pétitions à l'Assemblée nationale. Elles sont reçues par le Président de l'Assemblée nationale.

121.2 - Toute pétition doit préciser son objet et indiquer les noms, prénoms, adresses et domiciles des pétitionnaires et être revêtue de leurs signatures.

 

Article 122. - Inscription au rôle - Examen

122.1 - Les pétitions sont inscrites sur un rôle général dans l'ordre de leur arrivée. Avis est donné à tout pétitionnaire du numéro d'ordre de la pétition.

122.2 - Le Président de l'Assemblée nationale renvoie les pétitions à la commission permanente compétente pour examen.

La commission désigne un rapporteur.

122.3 - Après avoir entendu les conclusions du rapporteur, la commission, dans les quinze (15) jours, propose à l'Assemblée nationale suivant le cas, soit de classer purement et simplement la pétition, soit de la renvoyer à une autre commission de l'Assemblée nationale ou au gouvernement, soit d'en débattre à sa plus prochaine séance.

Notification est faite aux pétitionnaires de la décision de l'Assemblée concernant leur pétition par le Président de l'Assemblée nationale.

122.4 - Lorsqu'une pétition est renvoyée à une autre commission permanente de l'Assemblée, celle-ci, dans un délai de quinze (15) jours, doit soumettre son rapport à l'Assemblée nationale pour décision.

122.5 - La réponse du gouvernement est communiquée à l'Assemblée nationale. Si le gouvernement n'a pas répondu dans le délai d'un mois à la pétition qui lui a été communiquée, il peut être interpellé par l'Assemblée nationale à l'une de ses prochaines séances. Dans ce cas, l'Assemblée nationale délibère.

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Mardi 20 mars 2012 2 20 /03 /Mars /2012 23:30

Après sa communication sur le thème «  La révision de la Constitution : Utilités et Enjeux », le député Eric Houndété s’est à nouveau prononcé sur le projet de loi portant révision de la Constitution. A l’occasion de son face-à-à face avec des confrères, il est revenu longuement sur les raisons de ses appréhensions vis-à-vis de ce dossier socio-politique et juridique qui se présente comme une patate chaude dans les mains des députés. Voici quelques extraits de ses propos du dimanche 18 mars 2012 dernier.

Francis Z. OKOYA

 « Je ne sais vraiment pas où se trouve l’urgence, au point où on convoque une session extraordinaire. On n’a pas intérêt à être pressé, donnons-nous le temps nécessaire pour la réflexion. C’est un fantôme qu’on nous fabrique là. Je brûle d’envie de contribuer aux réformes, mais je ne le ferai pas dans la nébuleuse en cours, sans savoir les motivations qu’il y a derrière. On n’a pas besoin de recourir à une révision pour satisfaire aux exigences de l’Uemoa. La question de la Cour des comptes qui est en l’espèce une question éminemment urgente, un simple amendement de la loi organique de la Cour Suprême suffit pour l’intégrer, sans recourir à une révision constitutionnelle… En ce qui concerne les élections présidentielles et législatives, la Cour constitutionnelle est juge et partie. C’est elle qui prend les résultats, les traite, les proclame et c’est encore à elle qu’il faut aller se plaindre. Vous avez pu observer que Tidjani Serpos a été déclaré élu et puis après, non élu ? Qui contrôle ça ? Qui peut vérifier ça ?…Si on veut constitutionnaliser la Cena, il faut  transférer la proclamation des résultats à la Cena et laisser la Cour constitutionnelle dans un rôle d’arbitre du contentieux. …L’ambiance dans laquelle la chose se fait met les gens sur leurs gardes. Normalement, la démarche des responsables de l’Assemblée nationale et des députés, c’est de commencer par dire ’’asseyons-nous et discutons’’. On peut même dire ’’allez dans vos circonscriptions et discutez avec vos mandants, parlez avec les élus communaux’’ plutôt que de prendre le bureau de l’Assemblée nationale pour une activité qui n’est pas légale (…) Je pense qu’il faut un débat national sur la révision de la Constitution. Nous avons toutes sortes d’associations qui ont le droit de savoir ce qu’on veut faire de leur pays, qui ont le devoir de se prononcer sur toutes sortes de questions touchant à la vie nationale. Si nous avons des urgences comme la Cour des comptes, l’Assemblée nationale peut prendre ses responsabilités et adopter cela. Il faut se donner le temps de réflexion. Il faut se donner le temps des échanges. Il faut se donner le temps de partage… "

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