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Guerre intestine à la mouvance, révision de la Constitution, PVI, grève sans limite des enseignants, …. :
Les béquilles de la refondation tremblent
La refondation semble-t-il, est venue pour corriger et renforcer le changement amorcé depuis le 06 avril 2006. Mais un regard analytique sur l’actualité nationale autorise des inquiétudes pour la teneur et la survie de la refondation.
D’abord au niveau de la classe politique au pouvoir, moteur de la refondation, force est de constater que l’harmonie, la solidarité et l’entente ne sont pas les choses les mieux partagées. La guéguerre persistante entre Candide Azannaï et Mathurin Nago en est une parfaite illustration. Même si les couacs du PVI proviennent d’une part des acteurs portuaires, les derniers développements sur le sujet, démontrent à souhait qu’une guerre politique intestine, comme une masse de plomb, empêche le décollage de cette réforme. Les députés Rachidi Gbadamassi et Candide Azannaï, "acteurs actifs de la mouvance présidentielle" comme ils se définissent, accusent non pas une certaine opposition, mais l’entourage de leur Chef commun qui, à dessein voudrait fragiliser le numéro 2 du régime et le mettre même en froid avec le numéro 1. La refondation prendra forcément un coup si le PVI en prend aussi. Comme le souligne Janvier Yahouédéhou, ancien député et spécialiste des dénonciations des faits de corruption, la remise en cause du contrat du PVI avec comme seul mobile la différence des signataires du contrat et du décret fera fuir les investisseurs. Cela donnera aussi à coups sûr lieu à une bataille juridique où l’Etat béninois n’est pas parti gagnant. La conclusion à ce niveau est que si le PVI est remis en cause, une béquille de la refondation ( la majorité présidentielle) va trembler.
La refondation institutionnelle mal partie
Ensuite la refondation est aussi, a-t-on dire institutionnelle. C’est ce qui explique la présence sur la table de la présidente de la Commission des lois de l’Assemblée nationale et à l’ordre du jour de la prochaine session extraordinaire, des projets de loi sur le découpage territorial, la révision de la Constitution… Sur ces deux sujets, la retraite parlementaire tenue récemment à Parakou a permis de tirer comme conclusion que des députés Fcbe pur sang doutent de la finalité de la révision de la Constitution et trouvent inopportun un nouveau découpage territorial. Sur le premier projet de loi, au sein de la majorité parlementaire acquise à Boni Yayi, des députés se refusent déjà de se retrouver gros gens par derrière. Ainsi, Chabi Sika, Victor Dagnon, Nicaise Fagnon, Ali Kamarou, Bani Samari, Yolou Gaston, Emile Tossou, Soulé Sabi Moussa… tous de la majorité parlementaire acquise à Boni Yayi, ont émis chacun en ce qui le concerne des réserves sur la finalité d’une révision de la Constitution. Sans nul doute que si leurs réserves rejoignent celles de l’opposition lors de l’examen et du vote de ce projet de révision, la majorité requise des 4/5ème ne sera pas atteinte : un autre couac pour la refondation.
Que dire alors du découpage territorial ? Si la question a été balayée d’un revers de mains lors des discussions sur le sujet à Parakou les 7 et 8
février derniers, c’est surtout à cause de l’opposition affichée des députés de la mouvance à ce projet de loi. Et à la lecture de cet extrait d’un article d’un confrère, on imagine déjà le sort
réservé à ce projet de loi : « … le député Fcbe André Okounlola est surpris par cette volonté du gouvernement d’aller jusqu’à ce nombre de départements sans
pouvoir dire comment il trouvera des ressources pour l’accompagnement, il pense qu’il faut que la représentation nationale prenne ses responsabilités et rejette ce projet de loi.
Il sera appuyé par le député Gaston Yorou qui se désole de ce que parfois certains maires manquent de papier rame pour envoyer des correspondances. C’est sans doute pourquoi le
député Nicaise Fagnon demande au gouvernement de faire le bilan de la pratique de la décentralisation au Bénin. Pour l’honorable Gbadamassi,
la décentralisation gène la déconcentration et le gouvernement. Il pense que le Bénin ira beaucoup plus de l’avant lorsqu’on aura résolu le problème du transfert des compétences. C’est
pourquoi il propose à la représentation nationale de prendre une résolution pour fixer un délai de transfert au gouvernement. A Chabi Sika de conclure que nous sommes très loin des
réalités de la décentralisation parce que l’on refuse de transférer les compétences. C’est pourquoi dit-il, Tout est en déphasage et il ajoute qu’il urge que l’on corrige pour le
mieux être des populations. Comme tout le monde, le deuxième questeur Madame Assogba Abrouawa relève que le projet de loi dont il est question n‘a rien de pertinent. Sa
rédaction est mue par la volonté de certaines personnes de tirer le drap de leur côté. A partir de cet instant, ce serait irresponsable de la part des députés de voter cette
loi…. »
Par ailleurs, le recul observé dans l’examen du projet de loi sur le droit de grève est illustrateur du sort qui lui est réservé s’il était voté. Que restera-t-il alors de la refondation si les réformes institutionnelles échouent ?
La fronde des enseignants, une autre guerre
La guerre d’interprétation des 25% de revalorisation salariale qui conduit depuis bientôt quatre (04) semaines au débrayage dans le système éducatif béninois ébranle la refondation dans son fondement. Si les difficultés de trésorerie évoqués par certains depuis décembre 2011 sont mises à côté de la revendication des enseignants qui réclament justice pour les salaires de janvier, février et le reste à venir, il va sans dire que les négociations souhaitées de par et d’autres se présentent sous de mauvaises augures. Invité sur le plateau de Golfe télévision dans la nuit du lundi 20 février dernier, monsieur Amoussou, un syndicaliste responsable du Front, laisse déjà entendre que le gouvernement ne saurait dire manquer de sous à l’heure actuelle. Dans le même temps des informations filtrées du débat "Pour ou contre" de la même chaîne de télévision le jeudi 16 février dernier, laissent croire que d’autres syndicats de l’administration publique viendront réclamer dans peu de temps, des primes d’incitation liées à leur fonction. C’est dire que la fronde sociale reste aussi une gangrène qui fait trembler les béquilles de la refondation.
Si l’on veut croire comme le député Nicaise Fagnon que la refondation n’est pas synonyme d’échec du changement, il est évident que les béquilles de cette dernière tremblent sérieusement. Heureusement qu’il reste au moins quatre (04) pour corriger et le tir.
Francis Z. OKOYA
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