"Championnat national" des crises et tensions politiques de 1990 à 2011: Yayi bat le record

Publié le par OKOYA Francis

"Championnat national"  des crises et  tensions politiques de  1990 à 2011

Boni Yayi bat le record

A l’heure du bilan, après cinq (05) ans d’exercices du pouvoir d’Etat, la défense du Président Boni Yayi a raison de faire sienne, l’assertion qui veut qu’il n’y ait pas d’actions humaines parfaites. Seulement les imperfections du pouvoir du changement sciemment oubliés au forum bilan des 8 et 9 janvier 2011 sont à nul autre pareil depuis 1990. La preuve par les faits.

 Le péché du Changement n’est pas d’avoir seulement d’avoir occasionné, camouflé, parrainé, soutenu et défendu des actes de mauvaise gouvernance, mais son crime est d’avoir contrairement aux promesses de 2006, fait pire que les pouvoirs précédents et ceci aussi bien en matière de gestion économique que management politique.

 

Pour mémoire…

Pour avoir une ardoise de détournements de deniers publics de soixante dix (70) milliards de francs Cfa à coller au dos du pouvoir Kérékou, il a fallu mettre ensemble plus de dix (10) ans de gestions des affaires publiques et une longue de responsables à divers niveaux de cadres ayant servi sous le régime Kérékou. Mais à la seule occasion de l’organisation du sommet de la Cen-Sad, une nébuleuse de soixante dix (70) milliards de francs Cfa dont la justification à ce jour n’a encore convaincu personne. La preuve personne ne croit qu’un imperméable puisse coûter quatre cent (400) mille francs Cfa, une paire de gants pour motards à quatre vingt dix (90) mille francs Cfa. Les néophytes en travaux publics restent sceptiques à l’idée que la réfection du tronçon  routier aéroport Mgr Gantin-carrefour Air Afrique ait coûté un peu moins de quinze (15) milliards de francs Cfa tandis que la construction de la route Akpro-Misssérété-Kpédékpo (inachevée à ce jour) avec les avenants atteint difficilement les vingt (20) milliards de francs Cfa.

Sous le régime marxiste-léniniste de Kérékou I où l’économie et l’agriculture étaient à tendance socialiste, la politique de la mécanisation agricole n’a pas été menée comme sous le changement où les machines ont été achetées (surfacturées selon Janvier Yahouédéhou) avant la recherche des terres cultivables puis ont cessé de fonctionner après quelques jours de travail.

Nicéphore Soglo puis Mathieu Kérékou ont procéder à des privatisations de sociétés d’Etat. Mais jamais avec une telle précipitation, une forte dose de délit d’initié et tant de contestations des travailleurs : Hôtel Croix du Sud, la Sonapra, l’Onab, la cimenterie d’Onigbolo, l’Ocbn, Bénin Télécoms…

Par respect pour la souffrance de la famille Dangnivo, passons sous silence le triste dossier qui porte ce nom.

Que dire du scandale Icc-Services ? Rien sinon que le Gouvernement Yayi n’était pas au courant mais a limogé un ministre, a relevé un procureur qu’il détient toujours en prison, a procéder derechef sans accord ni participation de la justice à des arrestations, à des perquisitions, à des saisies,  s’est engagé à rembourser les victimes d’abord en octobre 2010 puis en décembre 2010 avant de conditionner ce remboursement le 29 janvier 2011, à la réélection de Boni Yayi.

 

La politique selon Boni Yayi

La liste des scandales socio-économiques sous le changement est longue et non exhaustive. Mais les faits politiques à contrario de la nouvelle vision qui rangé certains acteurs dans une catégorie donnée sont tout aussi légion. Et sur ce chapitre, il ne serait pas exagéré de parler de la république des premières. En effet les crises et tensions politiques sous Boni Yayi sont sans précédent.

Tout a commencé par ce fameux accord de gouvernement contracté entre les deux (02) tours des élections présidentielles et qui ont amené ceux qui sont aujourd’hui les alliés de Me Adrien Houngbédji, à appeler à voter pour Boni Yayi. Cet accord ne fut jamais respecté et selon Amos Elègbè, "l’homme de tous les gouvernements" selon Bruno Amoussou, a reconnaître la chose et a préciser "qu’ils devraient patienter pour voir si les clauses ne seraient pas respecter au fil des mois…". Puis, à la surprise générale en janvier 2007, Yayi contre la procédure et les textes en vigueur, demande la levée de l’immunité parlementaire du député Issa Salifou.  Le pouvoir du changement peut-il la main sur le cœur démontrer que les arrestations de Séfou Fagbohoun, Clément Gnonlonfoun ( maire de Dangbo) et Simon-Pierre Adovèlandé ( Mca) n’ont pas trait avec un règlement politique ? Le doute est permis

 

Violentes élections communales et législatives

Ensuite, il y a le fameux accord de législature qui a conduit Yayi a obtenu par le miracle des procurations la majorité pour faire élire Mathurin Nago au perchoir. C’est la première fois dans l’histoire du Parlement béninois que l’on procède au vote par procuration alors que les intéressés étaient présents… dans les couloirs et bureaux de l’Assemblée nationale. « Ils étaient au total 19. Certains auraient voulu éviter ce schéma. C’est le cas de Séfou Fagbohoun retenu dans les liens de la Justice D’autres parmi eux y ont été contraints malgré leur bonne volonté. Issa Salifou, Rachidi Gbadamassi ont pensé ainsi  régler leurs différents démêlés avec le pouvoir et la justice. D’autres encore ont été soupçonnés en agissant, d’avoir « échangé» leur vote. Au total il y a eu pour ce premier acte des députés de la 5ème législature, 19 procurations délivrées par : 1.Sacca Fikara 2.Sylvain Zohoun 3.Emile Dossou 4.Allassane Seydou 5.Orou Séné Guéné 6.Orou Yari Bio Bagou 7.Donatien Dohou K. 8.N’da Antoine N’da 9.Eloi Aho 10.Edmond Agoua 11.Adam Tessi Boni 12.Moumouni Adam Bani 13.Cyriaque Domingo 14.Rachidi Gbadamassi 15.Issa Salifou 16.Yssoufou Moussa Yari 17.Séfou Fagbohoun 18.Justine Akakpo Chodaton 19.Joachim Dahissiho… ».

Un autre fait politique à tension à travers ces interrogations : les élections communales et locales de 2008 sont elles finies ? Tous les élus proclamés ont-ils été installés dans leurs fonctions ? Les réponses à ces interrogations sont négatives hélas ! A titre illustratif, Maxime Houédjissi a été déclaré élu membre du Conseil communal d’Abomey il y a seulement quelques mois C’est la première fois depuis le renouveau démocratique que des élections ont donné lieu à tant  contestations, de violence, de morts, de blessés et d’arrestations. Dans le même registre, il est à rappeler les violents heurts survenu à la place Bayol de Porto-Novo entre partisans Fcbe et militants Prd lors des campagnes pour les législatives de 2007, heurts qui a occasionné des blessés, et des dégâts matériels avec à la clé des arrestations uniquement dans les rangs des supporters Prd.

 

Les disparitions des parlementaires et les ordres de passage à tabac

L’histoire du Parlement retiendra beaucoup de choses au passif du régime du changement. Même si on concédait occulter les gros et répétitifs transferts communément désignés sous l’expression " achat de députés", on retiendra au moins que jamais présidents et rapporteurs de commissions n’ont disparu miraculeusement aussi souvent, que c’est la première fois qu’une Secrétaire parlementaire déclare à la face du monde que " c’est Nago qui m’a appris à disparaître quand ça n’arrange pas le gouvernement. Aucun président de l’Assemblée nationale même pas Kolawolé Idji élu avec la bénédiction de Mathieu Kérékou n’a été aussi ouvertement accusé d’être à la sole de l’Exécutif. Mathurin Nago a toujours été considéré comme un ministre du gouvernement du changement. C’est sa gestion des affaires du Parlement qui a conduit pour la première fois depuis 1990 au spectacle des tambours, gongs, clochettes, à la prise d’assaut du perchoir, au désormais tristement célèbres ordres : «  Frappez-le, prenez-le en charge, tapez le correctement… », ordres donnés par un président de l’Assemblée à l’endroit d’un député contestataire du dictat du maillet. Au passage il est à signaler que c’est la première fois que le Syndicat du personnel parlementaire a recours à des banderoles pour dénoncer et mettre en garde le Président de l’Assemblée dans la gestion du personnel et de leur carrières.

 

La Lépi et les menaces d’un pays à feu et à sang

 

La République des premières c’est aussi cette tension conséquence d’une "Lépi tronquée, monocolore conduite à marche forcée ". le feuilleton Lépi n’a pas livré encore tous ses épisodes mais retenons pour le moment que c’est avec cette Lépi que pour non seulement des populations à maintes reprises ont marché protestant contre l’exclusion et réclamant leur droit au vote mais aussi que c’est pour la toute première fois qu’on voit un ancien président de la République menée une marche de protestation vers la Cour Constitutionnelle. C’est avec cette Lépi que les élections pour la première fois depuis 1990 donnent lieu à tant de stress, de peur, de doutes et de menaces réelles. Aux temps forts de la tentative de la révision de la Constitution par Mathieu Kérékou ou plus loin, face l’évidence de la défaite de Soglo en 1996 puis en 2011, les béninois n’ont pas eu autant peu pour l’avenir de leur pays.

Et parlant du pays, il est bon de rappeler que c’est sous le changement que des députés ont voté une résolution pour la mise pour traduire le Chef de l’Etat en exercice devant la Haute Cour de la Justice. Réponse du mis en cause : «  …je vais mettre le pays à feu et à sang… » dixit Rosine Soglo répétant les propos de Boni Yayi à son domicile…

En somme et la liste n’est pas exhaustive, de 2006 à 2011, le Bénin a connu une Républiques des premières aussi bien pour les scandales socio-économiques que pour les tensions et crises politiques.

Jean-Marc Aurel AGOSSOU

 

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Publié dans POLITIQUE

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