EDITORIAL: Blanchisseurs, à qui le tour ?
EDITORIAL: Blanchisseurs, à qui le tour ?
Les argumentaires d’Alexandre Hountondji, de Michel Alokpo, de Marcellin Zannou, de Me Kato Atita…ont montré très tôt leurs limites dans le passage au pressing pour le blanchiment de Boni Yayi dont la part de responsabilité est évoquée dans maints récents dossiers.
Du haut de son fauteuil présidentiel, Boni Yayi ne saurait répondre par lui-même du tac au tac ni à Soulémana Lawani, ni Armand Zinzindohoué ni à Kamarou Fassassi encore moins à “ l’Union fait la Nation" pas plus qu’à Rosine Soglo. Des béninois lambda comme vous et moi aurions procédé par droit de réponse, débat contradictoire, assignation en justice pour diffamation, atteinte à l’honorabilité etc. D’autres béninois et Dieu sait qu’ils sont nombreux, auraient choisi attendre ceux dont j’ai cité les noms plus haut, au coin de la rue de leur domicile et iront dans un affrontement physique tant la douleur des accusations est piquante, douloureuse et profonde. Mais Boni Yayi n’est pas dans ces registres-là. S’il choisissait la voie du Tribunal, il brandirait l’outrage au Chef de l’Etat. Mais l’expérience du 31 août dernier avec Benoît Illassa au Tribunal de Paris en France n’a pas été reluisante et ne permet donc pas à Boni Yayi d’emprunter la voie de la Justice pour démentir les faits portés à charge contre lui. Or le Chef doit être lavé de tous soupçon. D’abord pour sa propre image et pour que les journaux italiens et états-uniens ne mettent plus négativement le Bénin en première page. C’est ce qui explique le passage successif des blanchisseurs-maison, des défenseurs du Chef de l’Etat.
Avant Alexandre Hountondji, Michel Alokpo, Marcellin Zannou, Me Kato Atita, il y a eu Edgar Guidigbi, Thiburce Adagbé, Abraham Zinzindohoué. Il y a eu cet ancien jeune député avec sa bourde " Yayi est plus que Dieu", il y a eu Me Lionel Agbo, Victor Tokpanou. Avant tous ceux-ci et après eux, il y a les femmes pseudo-bénéficiaires de micro-crédits aux plus pauvres, ces femmes dont l’accoutrement vestimentaire à chaque rencontre dépassait les 30 milles francs de crédits à elles octroyer, ces femmes disais-je qui pour un oui ou un non s’organisent spontanément et comme par miracle sur toute l’étendue du territoire national le même jour à la même heure pour crier " Yayi Boni en avant ! Yayi Boni 10 ans !".Quelques heures seulement après avoir été confirmé membre du Conseil Communal d’Abomey, Maxime Houédjissin s’est retrouvé dans le même rôle que Julien Kpoviéssi 1er délégué des douaniers patriotes, et Fédéric Béhanzin transitaire reconverti jeune patriote pour la cause. L’un des derniers venus à la blanchisserie Fred Houénou, devra réussir à convaincre sur son passé politique et son Cv avant de réussir à défendre valablement Boni Yayi.
Rien ni personne n’est de trop quand il s’agit de défendre le Chef de l’Etat. Mais tous ceux qui s’y sont essayé ont échoué face aux mémorandums, lettre ouverte, accusations de l’U.n et déballages de Rosine Soglo. Mais il est heureux de savoir que l’espoir est permis pour Boni Yayi. S’il ne peut se mettre à table pour écrire comme Lawani, Zinzindohoué ou venir au Parlement contredire Rosine Soglo, Boni Yayi a une dernière cartouche pour rendre immaculée la robe présidentielle : le dernier message sur l’état de la Nation de fin décembre prochain. Là-dedans, Boni Yayi devra dire la vérité ou sa vérité. En attendant, la question demeure : Blanchisseurs, à qui le tour ?
Francis Z. OKOYA