EDITORIAL: Où passe le salaire non perçu du Chef de l’Etat ?
«Je n’ai jamais eu de salaire depuis 7ans que je suis là. Mes factures d’eau et d’électricité sont à ma propre charge parce que je sais que mon pays est pauvre» a déclaré Boni Yayi las d’entendre dire qu’il gagne plus que Sarkozy et Obama. Son ministre des finances a cru bon devoir en ajouter dès le lendemain. Simple journaliste et analyste politique, de la communication je n'en sais grand'chose. Mais si je devais souffler un mot à Madame le ministre des Finances avant qu'elle ne parle, avant qu’elle étale sur la place publique, la liste des revenus auxquels son Chef, le président de la république a renoncé, je lui aurais conseillé de rendre public le montant du salaire et autres indemnités du PR avant d'ajouter qu'il y a renoncé. L’attention serait focalisée sur la valeur du sacrifice et beaucoup moins sur ce qu'il gagne. Elle aurait pu juste rappeler que 10 ans à la BOAD c'est important en terme d'économie...même si tout ceci reste à vérifier, je suis persuadé que l'effet aurait été tout autre. Toute chose égale par ailleurs, Houngbédji Adrien a renoncé dans ce pays à ses revenus à la tête de l'Assemblée nationale et en tant que Premier Ministre et Paul Dossou ( Paix en son âme) alors ministre des finances avait démontré que cet argent est reversé dans la caisse du Trésor Publique. Pour faire taire la polémique, je crains que Mathys Adidjatou ne soit obligée de donner les preuves que les revenus du PR sont reversés au Trésor public.
En fait, est-ce que le Chef de l’Etat s’est demandé un seul instant, ce que deviennent chaque mois, son salaire et autres indemnités non perçus ? En concédant au ministre de l’Economie et des finances, que le Chef de l’Etat ne touche pas son salaire et ses primes, on pourrait bien se demander qui prend alors l’argent que le Chef de l’Etat ne prend pas ! Comme annoncé plus haut, pour faire taire toute polémique, il va falloir démontrer que cet argent est reversé dans les caisses publiques. Et même s’il en est ainsi, l’éditorialiste en déduit une autre observation valable aussi bien pour Yayi que pour Houngbédji. Le patriotisme affiché par la non perception des salaires et autres indemnités aurait été hautement apprécié si par exemple chaque mois et ce, pendant toute la durée de leur mandat, le non perçu servait à forer un puits-citerne dans un village en quête d’eau potable, à offrir des matelas à ces maternités que l’on découvre dans certaines localités et dont l’état de délabrement ne donne pas envie au bébé de sortir du ventre de sa mère.
Francis Z. OKOYA