EDITORIAL :Zuma,Bongo : la clé et la porte
C’est l’histoire d’un homme complètement ivre qui rentre chez lui cahin-caha et au seuil de la porte, sort la clé, mais n’arrive pas à l’introduire dans la serrure. Après plusieurs minutes de tentatives infructueuses, il s’assoit dos contre la porte, dépose la clé au pied de celle-ci et déclare : « La clé et la porte, entendez vous pour que je rentre dans ma chambre ! ». Cette anecdote caricature bien la conclusion des Chefs d’Etat réunis à Cotonou samedi dernier pour trouver une issue au différend électif qui oppose l’Afrique du Sud au Gabon dans la désignation du président de la Commission de l’Union Africaine. La réunion du G8 à Cotonou devrait déboucher sur une solution pour enfin permettre l’élection sans heurts diplomatiques du Président de la Commission de l’Union Africaine. Mais il ne serait pas exagéré de dire qu’à cette réunion, les Chefs d’Etat et de Gouvernement ont décidé de… ne rien décider puis que dans le communiqué final rendu public, on peut lire : « … Les consultations vont se poursuivre entre les membres du Comité, notamment entre la République du Gabon et la République de l’Afrique du Sud… ». C’est exactement comme l’histoire du monsieur ivre évoquée plus haut. Alors que la procédure législative en vigueur à l’Union Africaine pour pouvoir au fauteuil de la Présidence de la Commission de cette Union a échoué après un rude combat entre la candidate Sud africaine et Jean Ping candidat à sa propre succession au dernier Sommet de l’Union Africaine à Addis-Abéba, huit (08) Chefs d’Etat y compris ceux des deux (02) pays en lice, se sont retrouvés quelques mois après pour trouver une solution. « Au regard des difficultés auxquelles nous avons été confrontés lors de l’élection manquée du Président de la Commission le 29 janvier 2012, à Addis-Abeba, il nous faut à présent trouver les voies et moyens conformément à notre mandat pour prévenir et anticiper sur les éventuels blocages que nous pourrions rencontrer à Lilongwe.
Du processus électoral qui a abouti à la suspension du scrutin après un quatrième tour infructueux et des vifs débats que nous avons eus à cette occasion, il nous reste à répondre, à mon humble avis, à deux questionnements :1. Devons-nous nous orienter vers des solutions juridiques ? 2. Allons-nous opter pour une solution politique ?... » dixit Boni Yayi à l’ouverture du sommet du G8 à Cotonou.
Hélas, on retient au finish qu’aux deux (02) pays en concurrence, les six (06) autres ont déclaré à peu près ceci : « Zuma et Bongo, dans cette situation, vous êtes comme la clé et la porte ; entendez vous pour que l’U.A s’ouvre et continue son chemin… ». Selon l’avis de mon confrère Maurice Mahunon, il s’agirait là d’une option politique. « …
Zuma,Bongo : la clé et la porte".