Pressions sur et au sein des députés :De gros nuages noirs sur la révision de la Constitution

Publié le par OKOYA Francis Z.

La première session extraordinaire de l’Assemblée nationale pour le compte de l’année 2012 s’ouvre ce lundi 19 mars 2012. Et parmi les sujets qui font retenir le souffle, figure l’examen du Projet de loi portant révision de la Constitution de la République du Bénin. En début de la 6ème Législature, la razzia de la mouvance présidentielle a fait penser que la révision de la Constitution serait juste une formalité. Mais depuis, beaucoup d’eau ont coulé sous les ponts et de gros nuages planent désormais sur l’adoption du nouveau texte de Constitution.

Francis Z. OKOYA

A-t-on besoin de rappeler que l’opposition n’est pas prête à voter aveuglément un nouveau texte de la Constitution ? Si oui, rappelons alors les propos de me Adrien Houngbédji à ‘ouverture du 3ème Congrès de son parti le PRD le samedi 11 février 2012 : « … Cette conviction que l’alternance est en marche, que la transition est ouverte, je devrais normalement la tirer de notre Constitution qui n’autorise pas plus de 2 mandats, et m’en tenir à elle.  Malheureusement, les déviances, les tripatouillages, les interprétations assassines qui s’observent ailleurs en Afrique frappent peut-être à notre porte. La Constitution apparaît aujourd’hui comme un rempart bien fragile… ».

Quelque temps après ce congrès, le porte-parole de ce parti, l’honorable Charlemange Honfo est revenu à la charge lors d’émission télévisée pour énumérer les conditions ( encore non réunies) qui pourront permettre un vote favorable de ce projet de loi. Du côté de l’Union fait la Nation, Eric Houndété avait donné les signes annonciateurs du non de l’U.N à la retraite parlementaire de Parakou. Hier dimanche 18 mars 2012, invité de l’émission "Zone Franche" de la chaîne de télévision Canal3, l’honorable Houndété est revenu à la charge. Et on peut retenir  que l’opposition n’est pas d’accord pour la révision de la constitution telle qu’elle est pilotée actuellement. Il fera savoir que le texte à soumettre en plénière aux députés reste à ce jour un mystère et personne ne peut pour l’instant dire de quelle version il s’agit. Il ajoutera que la révision de la Constitution doit être un sujet qui doit susciter un débat national devant accoucher d’un  consensus sur le sujet. Bien qu’admettant les bonnes modifications qui urgent à apporter à la loi fondamentale, Houndété pense que le sujet quoi qu’opportun  n’est pas aussi urgent pour que les étapes puissent être brûlées au point d’inscrire un pareil projet dans à l’ordre du jour d’une session extraordinaire. Il  estime par ailleurs que  vouloir toucher tout le texte pose un problème et cache quelque chose. C’est pour toutes ces raisons que le député Eric Houndété annonce que l’opposition n’est pas partante pour la révision précipitée de la Constitution.  Toujours à l’assemblée nationale, il faut rappeler comme souligné dans une précédente publication qu’au sein de la majorité parlementaire acquise à Boni Yayi, des députés se refusent déjà de se retrouver gros gens par derrière. Ainsi, Ali Kamarou, Chabi Sika, Victor Dagnon, Nicaise Fagnon, Ali Kamarou, Bani Samari, Yolou Gaston, Emile Tossou, Soulé Sabi Moussa… tous de la majorité parlementaire acquise à Boni Yayi, ont émis chacun en ce qui le concerne des réserves sur la finalité d’une révision de la Constitution. 

 

La société civile entre dans la danse du " touche pas à ma Constitution"

Mais les députés ne sont pas seuls à émettre des réserves sur une modification précipitée de la Constitution. Le jeudi 15 mars dernier à l’occasion d’un point de presse tenu au Chant d’oiseau de Cotonou les Organisations de la société civile avec à leur tête Wanep-Bénin, ont débattu de la question de la révision de la Constitution.  Ces échanges avec la presse font suite à l’atelier des experts des organisations de la société civile, personnalités et universitaires tenu des 13 et 14 mars derniers à Fagace, sur le thème « Construction d’une position éclairée des Organisations de la société civile face au projet de révision de la Constitution du 11 décembre 1990. Les membres des organisations de la Société Civile ont à l’occasion, invité les députés en leur qualité de représentants du peuple à renoncer à toute entreprise précipitée de révision de la Constitution, notamment lors de la session extraordinaire de l’Assemblée nationale prévue pour démarrer le 19 mars 2012. Pour la Société civile, un délai minimum d’un an serait plus adéquat pour organiser de véritables échanges et mécanismes de remontée vers la représentation nationale des propositions impliquant les leaders d’opinion, les autorités traditionnelles, morales et religieuses, les associations diverses, voire les citoyens non organisés autour des points de modification éventuelle de la Constitution béninoise du 11 décembre 1990. C’est pourquoi au terme du point de presse, les membres de la Société civile ont lancé un appel à la vigilance du chef de l’Etat, des députés, des partis politiques, des travailleurs, des jeunes, des femmes, de toute la société civile et de toutes les forces vives de la nation, pour un amendement éclairé de la constitution du 11 décembre 1990 et la consolidation des acquis de la conférence nationale. C’est dire que malgré les modifications jugées opportunes et nécessaires à apporter au texte de la Loi fondamentale, les conditions paraissent ne pas être réunies pour l’adoption d’une nouvelle condition. De gros nuages noirs pèsent donc sur ce point inscrit à l’ordre du jour de la première session extraordinaire qui rappelons-le, s’ouvre ce lundi 19 mars 2012.


   
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Publié dans ACTUALITES

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